Hôpital neuchâtelois, acte 3 (année 2008)
Si moult secousses semblent avoir émaillé le troisième exercice d’Hôpital neuchâtelois, les faits concrets et solides sont aussi là pour infirmer cette impression. Ils témoignent de la solidité des fondations de cet édifice construites par les membres de la direction générale entourés de leurs équipes et confirmés dans leurs choix par le conseil d’administration.
Aussi n’est-il pas présomptueux d’affirmer que l’Hôpital neuchâtelois vogue avec assurance vers un but à atteindre d’ici deux à trois ans parce que l’établissement sait quels sont les caps à tenir:
- Ainsi, en 2008, explique le directeur général Pascal Rubin, nous avons beaucoup travaillé dans ce qui est notre mission, l’opérationnel, et avons posé d’importants jalons. Pratiquement tous les départements médicaux sont en place, reste le département des urgences qui verra le jour en 2009; les rôles sont clairement définis par leurs responsables médicaux et soignants et après les inévitables ajustements de départ, aujourd’hui, cela fonctionne.
Médicalement, nous sommes forts et bien en place pour couvrir avec satisfaction et efficience les besoins d’une population de quelque 170'000 habitants.
Cette mise sur pied de l’organisation des départements médicaux ne n’est pas faite sans une certaine douleur. Cela passait obligatoirement par la définition des missions dévolues à chacun des sites hospitaliers de soins aigus; cela se traduisait par la suppression de redondances d’actes médicaux ou chirurgicaux voire même par le changement de missions d’un site de soins aigus, soit celui du Val-de-Travers et, donc, par la suppression de sa maternité.
- D’une part, nous ne pouvions plus financièrement assurer la qualité des soins en maintenant un plateau technique composé de chirurgiens, infirmiers, anesthésistes sept jours sur sept pour moins de 180 accouchements par année d’autant que la plupart se déroulent fort heureusement sans heurt, commente Pascal Rubin.
D’autre part, en matière d’urgences chirurgicales, les cas n’étant pas très nombreux, il devenait difficile d’envisager éventuellement l’engagement de médecins-assistants, ces derniers n’ayant plus vraiment assez de travail. Comme ils ne sont pas satisfaits de la formation proposée par l’Hôpital neuchâtelois, ils préfèrent renoncer à venir, ce qui est aussi dommageable pour l’établissement.
La solution trouvée pour le site du Val-de-Travers répond en tous les cas à un besoin. En devenant, à fin décembre 2008 un centre de traitement et de réadaptation, le site a aussi gagné en unicité puisqu’il est désormais le seul dans le canton de Neuchâtel à offrir la gériatrie comme discipline médicale avec l’engagement d’une médecin-cheffe spécialiste en la matière.
- C’est ce vers quoi nous tendons, poursuit Pascal Rubin; nous voulons dispenser un savoir-faire unique en faisant preuve d’excellence. Offrir des soins de qualité pour l’ensemble du canton est notre défi quotidien. En concentrant nos forces, nous bénéficions aussi d’un impact fort non seulement auprès des corps médicaux, soignants et paramédicaux mais surtout auprès de la population qui sait apprécier et reconnaître les prestations que nous offrons.
Au cours de 2008, deux initiatives populaires et une même initiative communale déposée par plusieurs communes contrant les décisions des dirigeants politiques et reflétant aussi les souhaits de maintien de certaines prestations dans certaines régions du canton plutôt que d’autres ont fortement crispé les esprits. De nombreux courriers de lecteurs dans les quotidiens régionaux et des interventions virulentes au Grand Conseil n’ont pas permis de conserver un climat de sérénité autour de la planification hospitalière.
- On nous attaque de toutes parts et c’est ravageur pour le personnel qui se sent en instabilité totale face à ces critiques infondées pour la plupart, souligne P. Rubin. Je comprends tellement la volonté de la population de conserver le maximum de services à proximité. Mais le Conseil d’Etat a décidé que nous n’aurions qu’un seul pôle mère-enfant et en cela il a raison. Nous pressentions ce centre à Neuchâtel. Le Conseil d’Etat en a décidé autrement puisque c’est le site hospitalier de La Chaux-de-Fonds qui aura cette affectation. Le dépôt des initiatives contestant ces choix bloque la poursuite de nos réformes.
Plus grave encore, elles nous empêchent la poursuite de la réflexion sur les travaux que nous devons mener sur le site des Montagnes. Il devient important de fixer une date pour le débat parlementaire et éventuellement ensuite pour la votation populaire pour que nous puissions aller de l’avant. Surtout, l’impact des efforts d’économies est amoindri avec de tels freins à notre développement. Et avec eux, aussi, certaines forces vives dans le corps médical et soignant qui commencent à envisager d’autres pistes que celles présentes dans le canton de Neuchâtel.
Mais je suis confiant en l’avenir. Nous sommes prêts à affronter les défis et à les résoudre tous ensemble.
Plus d’infos sur la chronique HNE
Texte tiré de Faits et gestes, rapport de gestion 2008 de l’Hôpital neuchâtelois, p.8
Actes 1 et 2 dans les rapports de gestion des années précédentes